Sommaire de la rubrique "opinions"
* Communiqué de presse : Pacte consumériste (24 novembre 2011)
* Pacte consumériste (24 novembre 2011)
* Les termites ont bouffé l'Union européenne ! (18 octobre 2011)
* Projet de loi Consommation : le gouvernement joue petit bras ! (02 juin 2011)
* Deux citations instructives (Décembre 2010)
* Les jours heureux (Juin 2010)
* Apprentis sorciers mais rapaces avertis (Mars 2010)
Communiqué de presse (24 novembre 2011)

PACTE CONSUMÉRISTE :
L’UFC-Que Choisir avance 12 orientations pour 2012
pour remettre le consommateur au cœur d’une économie performante !
Décidée à inscrire les enjeux consuméristes au cœur des débats électoraux, l’UFC-Que Choisir lance aujourd’hui, à travers le site www.pacte-conso.org , son pacte consumériste destiné aux candidats à l’élection présidentielle et aux citoyens.
Représentant plus de la moitié du produit intérieur brut, la consommation est, plus que jamais en cette période de crise, le poumon de la croissance. Or, aujourd’hui, les consommateurs sont au bord de l’asphyxie ! L’inflation des 12 derniers mois sur les produits alimentaires a représenté pas moins de 2,6 milliards d’euros, les tarifs du gaz ont bondi de 20% en 1 an, les locataires consacrent désormais le quart de leur budget à se loger, 10 millions de Français renoncent à se soigner pour des raisons budgétaires…
L’apparition de nouvelles dépenses contraintes (téléphonie mobile, Internet), la structuration de marchés autour de quelques grands groupes dictant leurs lois et leurs prix exorbitants (alimentation, banques, énergies, etc.), la kyrielle d’informations plus ou moins objectives noyant les consommateurs, l’absence de recours efficaces en cas de problèmes sont autant de stigmates d’une évolution des marchés au détriment des clients finaux, les consommateurs.
Alors qu’ils devraient être les acteurs essentiels, régulant naturellement les marchés lorsqu’ils optent pour une offre plutôt qu’une autre, les consommateurs sont de moins en moins en mesure de d’exercer leur choix sur ce qu’ils consomment tant en quantité qu’en qualité ! Résultat : l’indice de confiance des consommateurs, impuissants et inquiets, a chuté de 13 points ! Pour soutenir la consommation et relancer la croissance, il faut donc impérativement restaurer les conditions permettant aux consommateurs de jouer leur rôle d’animateurs de l’économie.
A cette fin, l’UFC-Que Choisir a lancé une grande consultation nationale début 2011 devant déboucher sur un programme consumériste. 60 000 personnes (dont 2180 « habitants de la région ») ont fait entendre leur voix pour que soit enfin garanti l’accès aux biens et services essentiels, à un prix équitable, et, ce, dans un contexte sûr, respectueux de l’Homme et de l’Environnement !
Sur la base de cet audit et, à la lumière de son expertise, l’UFC-Que Choisir a élaboré un pacte consumériste. Fondé sur 12 orientations, articulées autour de 3 axes (garantir l’accès des consommateurs aux biens et services essentiels ; refaire du consommateur le régulateur naturel des marchés ; donner les moyens d’une consommation responsable), le pacte consumériste entend proposer une politique de la consommation volontariste, ciblée sur une consommation choisie et raisonnée.
Cette politique n’est pas exclusivement favorable aux consommateurs, elle est également précieuse pour l’économie française, puisque non seulement elle soutient le premier moteur de la croissance, mais en outre elle ouvre à nos entreprises des perspectives de compétitivité sur des secteurs qualitatifs. En s’appuyant sur une mobilisation citoyenne, l’objectif est clair : faire rentrer les enjeux consuméristes au cœur des débats politiques de 2012.
Soucieuse de faire avancer les droits des consommateurs, l’UFC-Que Choisir :
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Adresse ce jour à l’ensemble des candidats déclarés ou pressentis son pacte consumériste en leur demandant de le signer et/ou de leur adresser une réponse argumentée sur les orientations avancées
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Appelle l’ensemble des consommateurs à se rendre sur www.pacte-conso.org pour soutenir le pacte et établir l’ordre de leurs priorités consuméristes.
CONTACT PRESSE : 01 44 93 19 84
>>>> Lire le pacte
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Les termites ont bouffé l’Union européenne ! (18 octobre 2011)
Il ne reste plus que l’apparence de cette grande idée d’une Europe unie. Ces bestioles ont boulotté tout l’intérieur, en épargnant la façade. C’est qu’ils ont un appétit insatiable. On veut parler des lobbies. Plus d’un millier de fédérations patronales, regroupées par domaines économiques, pèsent de tout leur poids sur la Commission européenne. Celle-ci formule des propositions législatives qui, après adoption par le Parlement européen - lui-même soumis à l’influence de ces lobbies - s’imposent aux droits nationaux.
20 000 lobbyistes pour 30 000 fonctionnaires européens (traducteurs compris) ! S’ils n’y prennent pas garde, cela peut devenir trop voyant et faire tache. Il faut donc respecter les formes, la façade, se faire discrets. Quant à la Commission, elle doit faire semblant de recueillir l’avis de tout un chacun composant la société civile, en fait celui largement prépondérant des intérêts particuliers et corporatistes. On chercherait en vain l’intérêt commun des citoyens-consommateurs. Il est censé être porté par les membres du Parlement, mais celui-ci est transformé en chambre d’écho des intérêts du même patronat européen.
Comment pratique-t-il ? Outre la compétence technique qu’on lui reconnaît aisément, il a l’habileté de fabriquer des consensus entre ses composantes des 27 pays membres, très en amont. Et il peut alors produire, in fine, des textes législatifs bien concoctés, directement utilisables par la Commission. Celle-ci a donc l’assurance que les projets qu’elle présentera ne donneront pas lieu à des conflits ouverts qui feraient désordre. En cas de changements du texte au niveau de la Commission, des amendements, opportunément fournis aux parlementaires, pourront corriger les altérations et les oublis, en aval. Ce fonctionnement « clé en mains » donne aux « termites » une force d’influence sans égale. Point n’est besoin de corrompre, ou si peu. Leur colossale force de frappe économique suffit, car elle achète la collaboration des meilleurs juristes, cabinets d’influence, etc. Un peu comme les multinationales orientent les consommateurs via leurs communicants et leurs publicitaires. La fiction des peuples européens souverains dans l’Union est donc quasi-totale.
Que faire face à cette tartufferie ? Bâtir une force de lobbying équivalente pour contrebalancer les intérêts privés ? En fait l’intérêt général ne doit pas se situer au même niveau que les autres, car il est par principe supérieur (sauf à sombrer dans un économisme forcené). L’Union européenne est donc devenue une construction entièrement taraudée de l’intérieur, telle une maison en bois rongée par les termites. Elle doit être détruite, puis être reconstruite sur des bases démocratiques qui ne soient pas en carton-pâte. Cela ne pourra probablement se faire qu’à partir de fondements nationaux, eux-mêmes profondément rénovés. Vaste chantier, direz-vous, mais exaltant. Le mouvement des Indignés, alias les 99 %, en est peut-être le signe avant-coureur.
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Projet de loi Consommation : le gouvernement joue petit bras ! (02 juin 2011)
Bien que consultée en amont par le Ministère, et malgré la reprise de certaines des mesures qu’elle proposait (système d’alerte et de blocage en cas de facturation abusive en matière de communications électroniques, vente à distance, clauses abusives), l’UFC-Que Choisir regrette amèrement le manque d’ambition du projet de loi consommation, présenté aujourd’hui en Conseil des Ministres, qui ne comporte aucune des mesures structurantes attendues.
Les prix flambent, le pouvoir d’achat des consommateurs s’assèche et le gouvernement se contente de quelques seaux d’eau à travers un patchwork de mesures, sans véritable cohérence, qui ne saurait permettre de restaurer l’équilibre dans la plupart des marchés.
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Sur l’alimentaire : alors que l’explosion des matières premières agricoles fait flamber les étiquettes et que la formation des prix suscite depuis plus de trois ans la suspicion, aucune mesure n’est proposée en vue d’encadrer l’inflation des prix en rayon, comme l’instauration d’un coefficient multiplicateur sur les produits bruts ou peu transformés ou la restauration d’une véritable rivalité concurrentielle entre enseignes.
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Sur les communications électroniques : alors que 75% des Français sont toujours captifs d’un engagement à 24 mois et que la récente hausse de la TVA a souligné la volonté des consommateurs de pouvoir faire jouer la concurrence dès qu’ils le peuvent, le projet de loi ne prévoit toujours pas le plafonnement à 12 mois des durées d’engagement pourtant indispensable pour dynamiser la concurrence dans un secteur qui en fait cruellement défaut. Cette mesure paraît d’autant plus nécessaire qu’un nouvel acteur va bientôt arriver sur ce marché et, sans un réservoir de clients potentiels suffisant, sa viabilité pourrait être compromise…
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Sur la vente à distance : les récentes faillites d’entreprise ont souligné la nécessité de renforcer la protection des consommateurs. Or, le texte ne fait que corriger à la marge des manquements par les professionnels à des règles existantes (vérification des colis, amélioration de l’information sur la garantie légale de conformité) et oublie le dispositif le plus a même de faire avancer les droits des consommateurs : le paiement à l’expédition.
Enfin, l’exemple emblématique du peu d’envergure de ce texte tient sans nul doute à l’absence criante de l’action de groupe. Promise dès son élection par Nicolas SARKOZY, et sans cesse repoussée de texte en texte, cette réforme majeure est une fois encore aux abonnés absents malgré la très forte demande citoyenne et l’urgence à agir comme le souligne l’arrêt de la Cour de Cassation du 26 mai 2007. Dans cet arrêt, la plus haute juridiction a en effet reconnu qu’aucune voie, en l’état actuel du droit, ne permettait à une association de consommateurs de pouvoir aider les victimes de litiges de masse à se regrouper pour faire valoir leurs droits.
Bref, s’il n’est pas une coquille vide, ce projet de loi n’est vraiment pas à la hauteur du contexte économique et juridique défavorables aux consommateurs. Aux grands maux, les petits remèdes!
L'UFC-Que Choisir demande donc aux députés d'user largement de leur droit d'amendement et au gouvernement de se montrer ouvert aux propositions d'enrichissement pour permettre aux consommateurs de retrouver leur place d’acteur effectif du marché.
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Deux citations instructives (édito 143)
Décembre 2010
De Walter Lippmann, journaliste libéral américain (1889-1974) : « Les gens doivent être détournés vers des buts inoffensifs. Il faut les noyer, les assommer sous une masse d'informations qui ne leur laisse pas le temps de réfléchir. »
De Patrick Le Lay, ex-P-DG de TF1 (1942-?) : « Dans une perspective « business », soyons réalistes : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. Or, pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. »
Nous voilà prévenus, merci ! À chacun de retirer son cerveau de la vente et de le dépolluer. Nos bons choix en dépendent.
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« Les jours heureux » (édito)
Juin 2010
Tel était le nom du programme du Conseil National de la Résistance. Vieille affaire, pensez-vous ? Justement non ! Il est même d’une actualité brûlante, aujourd’hui où l’on se sent changer d’époque, où la notion de bien public est souvent ringardisée. Ce programme n’a été appliqué que partiellement à la Libération. Mais il a généré les Trente Glorieuses… Un petit livre (« Les jours heureux », éd. La Découverte, 2010) énonce ce programme splendide. Et par plusieurs rétrospectives (retraites, sécurité sociale, banques, services publics, etc.) il montre aussi comment la destruction de ce projet, entamée dans les années 1980, se poursuit maintenant à vive allure. Un livre lumineux.
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Apprentis sorciers mais rapaces avertis
Mars 2010
C’est stupéfiant ! À l’opposé de l’opinion générale de l’Union européenne, la Commission a décidé d’autoriser la culture d’une variété OGM de pomme de terre et la commercialisation de deux variétés OGM de maïs. L’Europe des consommateurs est donc un nain vis-à-vis de l’Europe des lobbies. Doit-on s’étonner de ce déficit abyssal de démocratie lorsqu’on sait que 15 000 lobbyistes opèrent à Bruxelles ? Seulement 3 % des propositions de directives seraient à l’initiative spontanée des services de l’Union… Exprimons notre dépit à nos députés européens (circonscription France : Ouest) à partir du site : www.europarl.europa.eu/members.do?language=fr
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